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Histoire

  • Publié : 11 août 2014
  • Mis à jour : 25 janvier 2015

Découverte

MORILLON GRAND MASSIF est un village de Haute-Savoie, en Faucigny, de la haute vallée du Giffre partagé entre tradition avec ses nombreuses maisons traditionnelles, son église Saint-Christophe du XVe siècle, ses trois chapelles : les Miaux du XVIe siècle, le Chatelard du XVIIe, et au Verney du XIXe, et modernité avec sa station de sports d’hiver reliée au Grand-Massif avec Samoëns, les Carroz, Flaine et Sixt totalisant 265km de pistes de ski alpin.

Depuis quand le village de Morillon existe-t-il ? Question difficile à répondre !
La première trace écrite parvenue jusqu’à nous, est un acte notarié du 7 septembre 1276, mentionnant Vésigny (lieu-dit actuel) près de Certous entre Girard de Copeis, sa femme Jordanne et Béatrix la Grande Dauphine, Dame de Faucigny .

Béatrix réside à quelques kilomètres, au château de Châtillon ou à Mélan. Elle fera construire La Chartreuse de Mélan à Taninges à partir de 1288, pour abriter la sépulture de son fils Jean décédé à 18 ans d’une chute de cheval à Bonne, puis la sienne. Elle est appréciée de ses sujets.

Notre village fait partie du Faucigny gouverné par les Sires puis Barons de Faucigny pendant plus de trois siècles, jusqu’en 1349, baronnie fédérée au Saint Empire Romain Germanique tout comme le Comté de Savoie auquel elle est cédée en 1355, et partage son histoire depuis. Sur d’autres documents sont cités Honora, les Miaux, Verney. Le nom de Morillon apparaît plus tard.

L’an 1369, un éboulement venu de la Sciard engloutit une partie d’Honora, forme un promontoire nommé le Crêt de Morellons, qui donne au fil du temps Morillon.
Dès cette époque on a trace d’industries : moulins, battoirs, scieries, tanneries…

Morillon dépend de la Châtellenie de Samoëns, administrée du XVIe à la fin du XVIIIe siècle par la famille Jaÿ- De Gex, anoblie puis élevée au titre de Baron de Saint Christophe en 1622.

Sur le Crêt de Morellons, on bâtit l’église Saint-Christophe, fondée en 1457, et plus tard, le centre du village actuel. Le plus vieux bâtiment subsistant actuellement semble être la maison forte des Miaux, qui comporte une poutre sculptée et datée de 1288.

On pratique l’agro-pastoralisme de montagne, avec « remues » (déménagements temporaires en milieu de coteau) et exploitation des alpages des Saix, Gers-Les Foges, La Vieille, albergés (bail emphytéotique) par les Barons de Faucigny et Comtes ou Ducs de Savoie.

Vivant dans un climat rude, pour compléter les cultures vivrières parfois insuffisantes, les Morillonnais comme bon nombre d’habitants de la vallée, se spécialisent dans les métiers du bâtiment et travaux publics. En 1731, ils sont 110 maçons et tailleurs de pierre dont 14 d’entre eux classés « maître » sont entrepreneurs et parfois architectes. A ceux-ci s’ajoutent les charpentiers, menuisiers, verriers, zingueurs. Ils émigrent temporairement de Pâques à Noël sur des chantiers lointains. Leur compétence est reconnue : en Savoie, Valais, ils construisent églises, bâtiments administratifs, ponts…
Vauban, Voltaire, Napoléon Bonaparte entre autres, leur confient fortifications terrestres et portuaires, châteaux, canaux, ponts, etc. Ils iront partout en Europe exercer leur art.

Afin de mieux s’organiser, ils créent avec tous ceux de la haute vallée, la Confrérie des Quatre Couronnés en 1659, à Samoëns, puis s’en séparent et fondent celle de Morillon en 1835. Lorsque tous les émigrants sont rentrés au pays, vers Noël, l’un d’entre eux offre un pain bénit de 15 kg à tous les paroissiens présents au cours d’une messe en l’église Saint-Christophe. C’est un fort symbole de piété, de partage et transmission par le « crochon » que reçoit le compagnon qui l’offrira l’année suivante, tradition qui demeure de nos jours. Ces travaux apportent prospérité au village, et la construction des nombreuses maisons traditionnelles qui allient harmonieusement la pierre et le bois, matériaux abondants dans la vallée.

Soucieux d’instruire leurs enfants, les Morillonnais fondent une école dès 1741 , puis une autre en 1842 ! Les fondateurs sont déjà lettrés pour la plupart !
Certains Morillonnais occupent des postes importants dès le XVe siècle : notaire ducal à Samoëns, d’autres au XVIIIe siècle au Sénat de Savoie, ou émigrent définitivement et s’élèvent socialement.

L’arrivée des révolutionnaires français en 1792 freine ce dynamisme. De 1792 à 1815 nous devenons français, et subissons l’interdiction d’émigrer. Le clergé insoumis est pourchassé parfois hébergé, caché par les habitants. La flèche du clocher est abattue sur l’ordre d’un délégué de la Convention Albitte car « elle offense l’œil républicain » ! Elle sera remplacée par un clocheton. La cloche est récupérée pour en faire des canons, et les cordes pour la marine à voile !
La monarchie Sarde est restaurée en 1815, et en 1860, la Savoie est rattachée à la France.

Au XIXe siècle s’ajoute l’émigration des Morillonnais vers les grandes villes Paris, Lyon, Genève.
La guerre de 1914-18 met fin à l’émigration des bâtisseurs, et modifie peu à peu la vie du village. A l’agro-pastoralisme et aux métiers du bâtiment viennent s’ajouter les métiers de l’horlogerie et du décolletage dans la vallée de l’Arve, puis les activités liées au tourisme naissant.

Un projet de station de sports d’hiver est élaboré en 1939, interrompu par la guerre de 1939-45. Un télé-traineau est mis en place en 1950, auquel succède le premier télésiège reliant Morillon aux Esserts en 1958. Puis la station se développe pour atteindre actuellement 12000 lits. Elle se relie avec les voisines : Les Carroz, Samoëns, Flaine, Sixt : Le GRAND MASSIF est né, avec 265km de pistes.

MORILLON GRAND MASSIF est devenu une station de sports d’hiver de référence, poursuivant son développement, soucieuse de préserver une belle qualité de vie à ses habitants et tous ceux qui choisissent de venir y séjourner en toutes saisons.

Texte rédigé par Marie-Claude PERRET-MICHAUD, Guide du Patrimoine et Guy DEAGE

Pour de plus amples renseignements sur la vie du village, vous pouvez suivre les visites guidées organisées par un guide du patrimoine des Pays de Savoie. (Renseignements à l’office de tourisme)

1 Maniguet « Histoire de Morillon » Tavernier « Histoire de Samoëns »
2 IRMA plan PPR – Cahiers Dechavassine ADHS
3 Tavernier « Histoire de Samoëns »
4 « Notte des maîtres tailleurs de pierre et massons de Morillon » de 1731, archives de la mairie de Samoëns
5 Archives paroissiales de Morillon non classées